J’ai testé le No Poo

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Le No Poo, vous connaissez ? Allez, je vous mets sur la voie, ça signifie « no shampoo »… Il s’agit de ne plus se laver les cheveux. PLUS DU TOUT ! J’ai testé pour vous…

Ce phénomène est apparu il y a près de cinq ans grâce à une coiffeuse américaine qui trouvait que le shampoing abimait ses boucles naturelles. En le remplaçant par un conditionner elle a constaté que cela fonctionnait très bien. Plus tard, certaines bio-addicts sont allées plus loin, au point de revenir aux recettes de grand-mère. Je vous expliquerai après en quoi cela consiste concrètement. Evidemment, dit comme ça, c’est peu encourageant. Et pourtant…

C’est en lisant un article du ELLE consacré à Ophélie, une ravissante bloggeuse bio-addict que cela a fait tilt. Avec ses boucles brunes soyeuses, cette jeune femme est vraiment convaincante. Au point que je me retrouve devant l‘ordinateur à me dire « pourquoi pas ? ». Ça tombe bien, j’aurais du faire un shampoing ce jour-là. Qu’à cela ne tienne… je décide de ne pas le faire ! Mais, avant de me lancer à l’inconnu, je vérifie sur son blog la démarche à suivre (pas si compliquée, finalement), si c’est compatible avec des cheveux raides et méchés. Je lis l’intégralité des 2332 ( !) messages envoyés par les fans de la méthode. Je me prends à rêver d’une salle de bains design avec une baignoire dépouillée de tous ces flacons et autres tubes de soins capillaires entamés. Dans mon rêve, il n’y a plus que quelques bougies et un bouquet de fleurs.

Cela étant, au début du processus, on a besoin de quelques indispensables : bicarbonate de soude, vinaigre de cidre, huile essentielle d’ylang ylang et maïzena. Je sors tout acheter à la pharmacie et au supermarché. Je suis fin prête ! Je fais une croix dans mon agenda pour symboliser le jour de mon dernier « vrai » shampoing soit 3 jours plus tôt. Coup de bol, on est en février et il fait trop froid pour aller à la piscine. Comme j’essaye au maximum d’espacer les shampoings (un conseil donné par Romain mon gourou de la couleur pour laisser au sébum le temps de nourrir les cheveux colorés et souvent secs), et comme, par chance, je n’ai pas de présentation presse aujourd’hui, ce premier jour ne me parait pas trop difficile. Le week-end passe bon an mal an.

Lundi matin, j’attaque une nouvelle étape et je remplace mon rituel de lavage par le fameux « no poo ». Je mélange un peu de bicarbonate de soude avec de l’eau pour obtenir une pâte que j’applique sur mes cheveux mouillés. Je masse mon cuir chevelu tout en essayant d’éviter les longueurs. J’ai beau savoir que cela ne peut pas mousser, ça me paraît quand même bizarre. C’est un peu poisseux. Je rince abondamment. J’ai la sensation étrange d’avoir encore des grains de bicarbonate dans les cheveux. En dernier rinçage, je verse de l’eau à laquelle j’ai ajouté un peu de vinaigre et quelques gouttes d’huile essentielle. Pendant que je sèche mes cheveux, l’odeur de vinaigre disparaît mais pas celle d’ylang ylang. Coup de bol, j’aime ce parfum et je le trouve plutôt agréable dans mes cheveux. Mais au bout de quelques heures, cette odeur commence à me donner la nausée… La prochaine fois, j’en mettrais moins.

Chaque matin et chaque soir, je prends l’habitude, comme le recommande Ophélie, de bien me brosser consciencieusement les cheveux dans tous les sens pendant deux à trois minutes afin de bien répartir le sébum jusqu’aux pointes. Et c’est vrai que cela fait illusion. Cela étant dit, j’ai plus une « coiffure de lionne » à la manière des stars du disco qu’un brushing 2014, mais bon…

 

PHOTO NOPOO 2Le matin, au réveil, bof…

 

 

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Après un bon brossage… je suis prête à rugir !

 

Comme je suis motivée, j’y vais à fond et j’arrive donc rapidement à l’étape la plus difficile, réussir à ne plus se laver les cheveux pendant un mois ! Passage obligé selon mon nouveau gourou pour que les cheveux se déshabituent au lavage chimique et qu’ainsi ils se salissent de moins en moins (Ophélie voit une relation de cause à effet entre shampoing et cheveux sales). J’ai juste le droit d’utiliser de la maïzena en guise de shampoing sec. Je verse sur mes mains un peu de maïzena et je masse les racines. Ensuite, je brosse et l’effet est « waouh ».

Mais cet effet ne dure pas. Je prends donc l’habitude d’emporter partout avec moi une petite brosse pour des retouches express, j’invente de fausses pauses pipi au restaurant pour retrouver un semblant de dignité capillaire et je deviens une experte du crêpage façon années 80. Mes cheveux ne sont pas vraiment gras mais ils ont de la matière. Quand j’y passe la main, j’ai l’impression assez agréable d’avoir des cheveux épais et denses. J’ai toujours eu les cheveux fins et lisses, alors je suis assez enthousiaste. A condition d’éviter de penser à tous ces – très nombreux – cheveux que je retrouve sur la brosse. Moi qui ne suis pas habituée à me brosser les cheveux, je suis horrifiée de voir ça. Et surtout, le nettoyage bi quotidien de cette maudite brosse n‘est pas très ragoutant. Comme je la lave à grandes eaux, elle n’a pas le temps de sécher (il fait froid, vous vous souvenez ?) donc j’opte pour deux brosses. Mon rêve de salle de bains épurée s’éloigne…
Les deux semaines aux sports d’hiver ne sont pas faciles à gérer « capillairement » parlant. A cause du temps exécrable et de la faible visibilité je porte un casque presque tous les jours (quand il fait beau, je le laisse dans le placard, histoire de bronzer !). J’ai envie de pleurer chaque soir en le retirant. Certes, le brossage frénétique améliore les choses, mais ça ne dure pas.

Bref, les jours passent… J’arrive enfin à la date butoir fatidique du premier mois. Evidemment je suis très très fière de moi. Comme quoi on devient très vite bête dès qu’il s’agit de nos cheveux… mais bon, j’ai surtout l’impression d’être passée du côté obscur de la force. De faire partie d’une secte d’initiées… de celles qui ont compris que le shampoing n’est qu’une histoire de marketing destinée à nous faire acheter encore et encore des produits qui sensibilisent et abiment nos cheveux. Et si je n’ai pas encore fait le ménage dans ma salle de bains, c’est uniquement parce que je n’en ai pas encore parlé de tout ça à mon mari. Pas facile d’avouer à l’être aimé qu’on ne se lave plus les cheveux, non ? D’ailleurs je n’en ai parlé à personne. Par honte ? Peur qu’on me juge ? Je ne sais pas. Je me contente de lire et de relire les blogs sur le sujet et les messages d’initiés trouvés sur internet. J’en suis au point d’autoriser les enfants à zapper le shampoing sous la douche, sans pour autant les frictionner avec du bicarbonate de soude. Et si de temps en temps, le matin au réveil, mon mari me trouve une « odeur bizarre », j’élude le sujet et j’essaye de me convaincre qu’il s’agit d’un effet de la détox pré-printemps…

Mais bon, il me manque quelque chose. Peut-être cette impression très agréable qu’on a après un shampoing. Vous savez, les cheveux légers et soyeux qui bougent comme dans une pub ? Je me dis qu’un passage chez mon coloriste préféré avec quelques mèches blondes à la clef me redonnera ce côté sexy qui a disparu avec mes cheveux lourds mais plats. En prévision du RDV, je demande à Romain si je dois apporter mon bicarbonate de soude ou s’il en a déjà au salon. Quand ce fervent défenseur du naturel me demande pourquoi je fais ce truc sans intérêt, je n’y comprends plus rien ! Patiemment, il m’explique que cette démarche était peut-être justifiée il y a quelques années quand les shampoings étaient encore ultra chimiques et donc ultra nocifs, mais qu’aujourd’hui les formules sans sulfates sont à base de tensio-actifs très doux et donc sans danger pour le cuir chevelu et les cheveux. Il raconte qu’il a bien vu deux trois clientes essayer le truc mais que depuis il n’entend plus parler de cette tendance, signe que l’expérience n’a pas été très concluante. Il ajoute que lorsqu’on ne se lave pas les cheveux, ils ne sentent pas bon et que c’est inconfortable pour soi et surtout pour son entourage !

Curieusement, je me laisse très facilement convaincre. A tel point que dès que je repose mon téléphone, je file sous la douche et débouche avec délectation un flacon de shampoing. Et là, comment vous expliquer, la mousse, le parfum, les mains qui glissent dans mes cheveux… je suis au nirvana ! Cette sensation de propre m’avait tellement manquée, je revis ! Je sèche mes cheveux. Ils sont légers, soyeux, doux, parfumés… quel pied ! En attendant mes enfants à la sortie de classe, toutes mes copines me félicitent sur ma nouvelle coupe de cheveux et me demandent l’adresse de mon coiffeur !

 

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Après un bon shampoing, c’est beaucoup mieux, on voit la différence non ?

 

Finalement, cette expérience m’a beaucoup amusée. Je continue à beaucoup admirer Ophélie et à la lire régulièrement. J’essaye d’espacer un peu mes shampoings, histoire de laisser mes cheveux au calme mais le no poo n’est définitivement pas fait pour moi… je suis trop accro au shampoing !

Et vous, vous êtes-vous laissée tenter ? Racontez-nous si vous avez été convaincue ou non.

 




10 Comments sur J’ai testé le No Poo

  1. SOPHIE
    18 novembre 2014 at 2:05 (3 années ago)

    très bien l’astuce de la maïzena, surtout quand de bon matin on se rend compte qu’on a oublié de se racheter du shampoing sec et que forcément, on est en retard, ultra pressée et qu’on a un super rendez-vous boulot et pas le temps de se faire le brushing du siècle ! idéale aussi quand on doit sortir le soir et que les cheveux sont raplapla ou qu’on a pris la pluie dans la journée… à la fin je met un peu de parfum pour cheveux chanel, histoire de sentir bon comme après un bon shampoing !!!

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    • Oriane
      18 novembre 2014 at 2:41 (3 années ago)

      J’aime beaucoup ton astuce de parfumer les cheveux après un shampoing sec, je vais l’appliquer ! Merci !

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  2. Chloe
    20 novembre 2014 at 4:02 (3 années ago)

    Excellent cet article, je me suis beaucoup amusée à le lire ! Merci de nous faire vivre des expériences comme cela ! Et je garde l’idée de la Maïzena en cas de panne de shampooing sec…

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    • Oriane
      20 novembre 2014 at 4:15 (3 années ago)

      Merci ! Pour info, je suis en train de préparer un banc d’essai sur les shampoings secs.. à lire très bientôt sur le blog !

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  3. laetitia
    20 novembre 2014 at 7:51 (3 années ago)

    coucou, alors moi je vis le truc totalement différemment :)
    je trouve que mes cheveux n’ont jamais été aussi beau au contraire depuis que je suis au NoPoo. La je les lave toutes les deux semaines au bicarbonate + vianigre , et le reste du temps je fais un peu des shampoings secs… au début ça ne fonctionnait pas bien pare ce que je pensais qu’il fallait essayer de supporter sa tete le plus longtemps possible sans se laver les cheveux, du coup, j’avais tout le temps les cheveux gras et attachés. Mais depuis que je fais les shampoings secs, je revis!
    apres, je peux comprendre que cette méthode ne sois pas adaptée à tous les cheveux… moi qui suis aussi a fond dans le délire bio, je suis dans mon élément avec cette méthode.
    Juste un truc: pour que les cheveux sentent bon, on peut les pchitter avec de l’eau et une huile essentielle (parce que le parfum, c’est vachement chimique, alors c’est dommage de désintoxiquer son cheveux, pour l’asperger ensuite de trucs encore pire, non?)
    sur mon blog, j’ai mis mon retour d’expérience sur le shampoing sec maïzena, si tu veux y faire un tour, tu es la bienvenue.
    des bisoux!

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  4. Droit Claudine
    21 novembre 2014 at 9:06 (3 années ago)

    Merci oriane de tester pour nous
    J ai lu jusqu au bout ton expérience et comme romain
    J ai confiance au shampooing (pour avoir travaille dans la partie) et qu est ce que l on se sent bien après un shampooing!!!

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  5. Emilie
    6 juin 2015 at 11:13 (3 années ago)

    Bonjour Oriane,

    Je suis tombée sur ton article par hasard et je me permets de partager a mon tour ce même retour d’expérience. Contrairement à ton cas, mes cheveux après un mois sans lavage ( ni fécule, juste quelques rinçages a l’eau chaude)ont été plus que comblés! Suite a ce long mois interminable, j’ai lavé au bicarbonate et rincé au vinaigre de cidre et comme toi avec le shampoing, j’ai ressenti ce plaisir de fraicheur, de cheveux soyeux, doux, aérés et brillants! Mais au moyen du naturel.
    Peut être que ton lavage au no poo après le mois sans rien n’était pas réussi? Comment expliquerais tu cet échec?

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    • Oriane
      6 juin 2015 at 7:19 (3 années ago)

      Merci Emilie de ton commentaire ! Est-ce que ça fait longtemps que tu pratiques le no poo ? En ce qui me concerne, je pense que cette méthode ne convient pas aux cheveux méchés (ce qui est mon cas). Je pense aussi que cela fait de nombreuses années que je suis habituée à faire mousser mon shampooing et avoir des cheveux ultra lisses (j’ai même connu les soins avec silicone qui reviennent malheureusement en force aujourd’hui grâce aux soeurs Kardashian !). Cela étant, cette expérience m’a amenée à être beaucoup plus vigilante sur le choix de mes shampoings, désormais je lis scrupuleusement les compositions et je n’utilise que des produits sans sulfates… le no poo n’aura donc pas été inutile !

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      • Emilie
        7 juin 2015 at 11:17 (3 années ago)

        Bonjour Oriane,

        Merci pour ton retour.
        Pour te répondre, disons qu’avant de commencer le no poo, je ne me lavais les cheveux qu’une fois par semaine depuis un an,avec un shampoing sans silicone et paraben. J’ai débuté le no poo début février. Au début, je m’y prenais mal et mes cheveux, certes propres, n’avaient pas fière allure mais heureusement j’ai vite appris à maîtriser l’utilisation du bicarbonate!
        Au commencement, j’ai gardé la même fréquence de lavage qu’avec le shampoing, soit une fois par semaine. J’ai espacé les lavages petit à petit sur 2 mois et demi, sans me dépanner de fécule ni water only, un chignon faisait l’affaire.Au terme de ses 2 mois et demi,mes no poo étaient espacés de 15 jours. Le 29 avril 2015, je suis passée au mois sans rien, toujours sans fécule mais quelques water only. Le 1er juin, libération! Je n’ai jamais eu les cheveux comme ça, sauf peut-être en sortant de chez le coiffeur et encore.
        Je suis désolée que ce procédé n’ai pas fonctionné avec tes cheveux, mais comme tu le dis très justement,il t’aura permis d’ouvrir les yeux sur de bons réflexes a adopter.

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        • Oriane
          7 juin 2015 at 8:26 (3 années ago)

          Merci à toi Emilie de partager ton expérience ! Bravo pour ta persévérance qui apparemment a payé, je suis contente que le no poo fonctionne pour toi ! A bientôt sur le blog ;)

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